Les touristes qui vont à Vienne visitent la Hofburg parce que c’est là où la princesse Sisi avait habité. Et ils visitent la Berggasse parce que c’est là où Sigmund Freud avait analysé ses patients. Et ils visitent la Ziegelofengasse parce que c’est là où Falco avait écrit la chanson „Der Kommissar“. Et ils visitent la Nußdorferstraße parce que c’est là où Schubert était né. Et ils visitent la Strudlhofstiege parce que Heimito von Doderer avait écrit sur cet escalier. Et ils visitent la Kellermanngasse parce que c’est là où le grand visir Kara Mustafa avait placé sa tente quand les Turcs avaient assiégé Vienne.
Mais personne ne visite la Reichsratsstraße bien que ce soit là où se trouve le café Sulka. Thomas Bernhard aimait le fréquenter. Je suis sûr qu’il aimait manger ces exquis canapés au jambon que l’on peut admirer dans les vitrines du café. Parfois, quand il était ici ou dans le Bräunerhof, il commençait à lire „Le Monde“. Il ne voulait pratiquer le Français, mais protester contre la presse autrichienne. Tu sais, de temps en temps, nous devrions aussi fréquenter le Sulka et lire „Le Monde“.